Gagner sa vie sans la perdre

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Métro-Boulot-Dodo. L’expression date du fameux Printemps 68 qui critiquait la vie faite au peuple laborieux. Cette remise en cause du travail comme pilier de l’épanouissement personnel a lentement infusé la société jusqu’à aujourd’hui.

Dans la foulée de l’arrivée de la génération Z sur le marché de l’emploi, ce sont les entreprises elles-mêmes qui cherchent à créer de nouvelles organisations du temps de travail.

Emploi et emploi du temps : le champ des possibles

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Avec Dominique Méda, sociologue spécialiste du travail, l’équipe Orignal communication, David Bernard, dirigeant d’AssessFirst.
Réalisation : Alicia Blancher (Kaizen magazine)

Nous ne sommes pas que des travailleurs. Nous devons aussi avoir du temps pour être de bons citoyens, de bons parents, de bons amis.  

Dominique Méda, sociologue spécialiste du travail 

Du temps pour soi

Le temps des plantes et des bois

Yves et Judith ne travaillent pas seuls. Chez eux, le temps fait aussi son œuvre.
Dans la maison, dans le jardin, l’attention portée à chaque plante, à chaque objet, permet à l’harmonie d’émerger.

Crédits photos : ©Lise Gaudaire

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Un, deux , trois, clac.
par Lise Gaudaire, photographe

Le temps.
Inhérent à la photographie.
Le temps suspendu.
Le temps figé.
L’instant décisif.
L’image latente, entre son temps passé, celui de la prise de vue et puis son temps futur, celui où elle deviendra objet.
Des laps de temps.
Des temps courts j’ai l’impression.
Alors moi sans cesse je cherche à le ralentir.
À prendre mon temps.
À prendre le temps.
Celui nécessaire.
Et par une multitude d’entrées.
Il traverse toutes mes recherches photographiques.
Il y a le temps dilaté.
Celui du paysage, celui de la forêt, des arbres, des végétaux, de la rivière.
Celui de la lumière.
Celui des vents.
Un temps long, celui-ci.
Il faut ressentir physiquement le paysage et se glisser dans les strates temporelles qui le composent. Pour le sentir. Pour le vivre. Peut-être pour le comprendre.
La forêt, on n’y rentre pas comme ça.
Alors je marche, sans l’appareil.
J’observe, je contemple, j’appréhende, j’explore et je tente de le connaitre.
Je ne capture pas.
Jamais.
Plus tard ce sera le temps de la photographie mais pas tout de suite.
Il y a aussi le temps de la rencontre.
L’Autre.
Se découvrir. Se parler. S’apprendre. On pourrait dire le temps de la parole.
Pour se savoir un peu.
Pour se raconter.
Pour s’enseigner.
Pour ne pas me tromper. Est-ce bien lui sur la photo ? Ou bien peut-être que c’est moi ? Un peu des deux, j’imagine.
Pour sûr, c’est notre rencontre.
C’est ce que j’aimerais.
Et vient le temps de la prise de vue.
C’est physique.
Le matériel est lourd.
J’aime penser que c’est une danse.
Déplier le trépied, monter la chambre, tourner autour, installer l’objectif, regarder dans le dépoli, régler les bascules, faire le point, mesurer la lumière.
Installe-toi ici. Tu es bien ? Est-ce que tu peux regarder vers l’arbre là-bas, au fond ? Le menton un peu levé ? Ne bouge plus. C’est un peu long, pardon. C’est précis. Je ferai quatre photos. Ne bouge pas.
Un quart de seconde.
J’enclenche.
Le temps se dilate aussi à cet instant.
Mon corps à côté de l’appareil.
Un, deux, trois.
Clac.
On recommence. Ne bouge pas.
Enfin il y a le temps du récit.
Celui que j’imagine avant même de photographier.
Celui qui dure tout au long du processus de création.
Celui qui m’accompagne quand je marche, quand je parle, quand je regarde, quand je photographie, quand je développe, quand je scanne, quand j’imprime.
Les images bout à bout.
Elles racontent quoi ? Elles racontent quoi de nous ? De notre société ? De ce qui nous entoure ?
D’aujourd’hui ? D’hier ? De demain ? Elles racontent quoi du temps ?